COMESA : les investissements intra-africains ralentissent, la Chine renforce sa présence

Le manque de flux financiers entre pays membres du COMESA fragilise l’intégration économique régionale, tandis que les investisseurs chinois gagnent du terrain.

Les pays membres du COMESA (Marché commun de l’Afrique orientale et australe) font face à un ralentissement préoccupant des investissements intra-bloc, mettant en lumière les limites actuelles de l’intégration économique régionale. Malgré l’existence d’un vaste marché commun censé favoriser les échanges et les synergies entre économies africaines, les capitaux circulent encore faiblement entre les États membres.

Selon les données récentes, les investissements directs réalisés par des entreprises africaines au sein du COMESA restent nettement inférieurs aux flux en provenance de partenaires extérieurs. Dans ce contexte, la Chine s’impose progressivement comme l’un des acteurs économiques les plus influents dans la région, multipliant les projets dans les infrastructures, l’industrie, l’énergie et la logistique.

Ce déséquilibre révèle plusieurs défis structurels : manque de coordination des politiques économiques, obstacles réglementaires persistants, faiblesse des systèmes financiers régionaux et insuffisance des infrastructures transfrontalières. Autant de facteurs qui freinent l’émergence de chaînes de valeur régionales solides et limitent la capacité des économies du COMESA à investir les unes chez les autres.

La montée en puissance de la Chine, bien qu’elle contribue au financement de projets stratégiques, pose également la question de la dépendance économique extérieure. À long terme, l’absence d’investissements intra-africains significatifs pourrait réduire l’impact réel des initiatives d’intégration régionale et de la Zone de libre-échange continentale africaine.

Pour les analystes, le renforcement des investissements au sein du COMESA passe par une amélioration du climat des affaires, une harmonisation accrue des réglementations et une volonté politique plus affirmée de soutenir les entreprises africaines dans leur expansion régionale. Sans ces ajustements, l’écart entre ambitions d’intégration et réalité économique risque de se creuser davantage.

Ce constat relance le débat sur la nécessité pour l’Afrique de financer elle-même sa croissance, afin de bâtir une intégration économique durable et moins dépendante des capitaux étrangers.

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