Forte hausse des recettes fiscales au Maroc : les réformes fiscales produisent des résultats tangibles
Entre 2021 et 2025, le Maroc enregistre une progression exceptionnelle de ses recettes fiscales, portée par la modernisation du système et une meilleure conformité
Au terme d’un vaste chantier de réforme fiscale engagé il y a cinq ans, le Maroc a annoncé une augmentation remarquable de 74 % de ses recettes fiscales entre 2021 et 2025, atteignant ainsi 291 milliards de dirhams. Cette performance a été présentée récemment par les autorités fiscales lors d’une rencontre avec les représentants du secteur privé à Casablanca, soulignant l’efficacité du cadre de réforme mis en place et la maturité atteinte par le nouveau système fiscal national.
L’évolution observée ne résulte pas d’une hausse des taux d’imposition, mais plutôt d’un élargissement de l’assiette fiscale, d’un renforcement de la conformité et du recouvrement, ainsi que d’une amélioration significative de l’administration fiscale. Selon le directeur général des impôts, Younes Idrissi Kaitouni, ces progrès reflètent une meilleure intégration des mesures prévues par la loi‑cadre de réforme fiscale.
Des contributions fiscales plus équilibrées et une croissance des principales rubriques
L’examen des principaux postes de recettes fiscales montre une progression notable dans plusieurs segments clés :
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Impôt sur les sociétés (IS) : les recettes ont plus que doublé, passant de 47,7 milliards à 100,3 milliards de dirhams, traduisant à la fois la vitalité de certaines branches économiques et une base fiscale plus large.
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Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) : avec une hausse de 58 %, elle a atteint près de 71 milliards de dirhams, grâce à la modernisation des mécanismes de collecte et une meilleure fluidité des procédures.
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Impôt sur le revenu (IR) : les recettes ont augmenté d’environ 47 % pour atteindre 70 milliards de dirhams, traduisant une meilleure visibilité de l’assiette fiscale et une application plus stricte du cadre légal.
Dans l’ensemble, ces recettes représentent désormais une part importante du produit intérieur brut (PIB), passant de 20,3 % à 24,6 % entre 2021 et 2025.
Des ressources supplémentaires pour les dépenses publiques et le soutien économique
La montée en puissance des recettes fiscales renforce les marges de manœuvre budgétaires de l’État, permettant de soutenir des politiques publiques prioritaires sans accroître la pression fiscale sur les contribuables. Les ressources mobilisées ont notamment permis :
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d’accroître le budget général de l’État de plus de 90 milliards de dirhams sur la période ;
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de financer des revalorisations salariales dans le secteur public, évaluées à environ 40 milliards de dirhams ;
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d’augmenter les transferts aux collectivités territoriales pour renforcer leurs capacités d’action ;
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et d’appuyer la trésorerie des entreprises par des mesures spécifiques pour stimuler l’investissement et l’activité économique.
Une administration fiscale modernisée comme moteur de la réforme
Les autorités fiscales insistent sur la transformation de l’administration comme un levier clé de la réforme : digitalisation des procédures, transparence accrue, mécanismes de retenue à la source et meilleure sécurité juridique. Ces efforts visent à renforcer la confiance entre les contribuables et l’État, réduire l’évasion fiscale, et instaurer un environnement plus prévisible pour les acteurs économiques.
