Maroc : La douane renforce la traçabilité des importations
Les importateurs sont désormais tenus de déclarer l’adresse exacte des lieux de stockage et de transformation des marchandises afin de lutter contre la fraude et renforcer la transparence du commerce extérieur.
Depuis le 1er janvier 2026, une nouvelle mesure est entrée en vigueur au Maroc dans le cadre du renforcement du contrôle des échanges commerciaux. Les importateurs sont désormais obligés d’indiquer avec précision, dans leurs déclarations douanières, l’adresse exacte des lieux où les marchandises importées seront transportées ou transformées sur le territoire national.
Cette disposition découle de l’article 19 bis du Code des douanes et impôts indirects, introduit par la Loi de finances 2026. Elle vise à améliorer la traçabilité des flux de marchandises, depuis leur entrée sur le territoire jusqu’à leur destination finale, dans un contexte marqué par la lutte contre la fraude et la protection du marché intérieur.
Selon l’Administration des douanes, cette exigence permettra de renforcer la transparence des opérations d’importation, de faciliter les contrôles a posteriori et de sécuriser les recettes de l’État, notamment en matière de droits de douane et de taxe sur la valeur ajoutée. Elle contribuera également à limiter la circulation de produits non conformes ou issus de circuits informels.
Sur le plan pratique, toute déclaration incomplète ou comportant des informations erronées expose l’importateur à une amende comprise entre 30 000 et 60 000 dirhams. Les transitaires, chargés de déposer les déclarations pour le compte des opérateurs économiques, doivent désormais joindre un document officiel mentionnant les adresses exactes des lieux de stockage ou de transformation, dûment signé par une personne habilitée.
Cette nouvelle obligation suscite toutefois certaines préoccupations parmi les professionnels du secteur. Plusieurs transitaires soulignent les difficultés rencontrées par les importateurs ne disposant pas de locaux fixes ou recourant à des entrepôts appartenant à des tiers. Des discussions sont en cours avec l’Administration des douanes afin de clarifier les modalités d’application et d’envisager des solutions digitales via la plateforme PortNet.
Malgré les contraintes administratives qu’elle implique, cette réforme s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation du commerce extérieur marocain. Elle a traduit la volonté des autorités de renforcer la gouvernance douanière, d’assainir les circuits d’importation et d’améliorer la compétitivité du Maroc sur les chaînes de valeur internationales.
