Maroc : recul du chiffre d’affaires pour certains grands groupes en 2025
Lesieur Cristal et Delta Holding enregistrent une baisse de leurs revenus dans un contexte d’ajustement sectoriel
Malgré une conjoncture macroéconomique orientée vers la reprise, plusieurs grandes entreprises marocaines ont enregistré un léger recul de leur chiffre d’affaires en 2025. Cette évolution reflète une phase d’ajustement dans certains secteurs clés, notamment l’agro-industrie et les infrastructures.
Lesieur Cristal : un léger repli dans l’agro-industrie
Le groupe Lesieur Cristal, acteur majeur de l’industrie agroalimentaire au Maroc, a enregistré un chiffre d’affaires consolidé d’environ 5,39 milliards de dirhams en 2025, soit une baisse de 1,11 % par rapport à 2024.
Cette légère contraction peut s’expliquer par plusieurs facteurs :
-
La volatilité des prix des matières premières agricoles ;
-
Les pressions inflationnistes sur les coûts de production ;
-
L’évolution du pouvoir d’achat des ménages ;
-
Une concurrence accrue sur certains segments du marché.
Bien que modérée, cette baisse traduit les tensions persistantes dans le secteur agroalimentaire, fortement exposé aux fluctuations des marchés internationaux.
Delta Holding : un recul plus marqué dans les infrastructures
De son côté, Delta Holding, groupe actif dans les infrastructures, l’eau et les travaux publics, a enregistré une baisse de 2,7 % de son chiffre d’affaires en 2025.
Ce recul s’inscrit dans un contexte de ralentissement temporaire de certains projets d’infrastructure et d’ajustement des investissements publics et privés. Les cycles d’exécution des grands chantiers et les délais administratifs peuvent également influencer la performance annuelle du groupe.
Une dynamique macroéconomique plus favorable
Ces contre-performances sectorielles interviennent alors que les perspectives macroéconomiques nationales sont plus encourageantes. Selon les projections du Fonds monétaire international, la croissance économique du Maroc pourrait atteindre environ 4,9 % en 2026, portée notamment par :
-
La reprise agricole après des campagnes difficiles ;
-
La consolidation des investissements industriels ;
-
Le dynamisme des exportations ;
-
Les grands projets structurants liés aux infrastructures et aux événements internationaux à venir.
Une phase d’ajustement plutôt qu’un retournement
Pour les analystes, ces baisses de chiffre d’affaires ne traduisent pas un affaiblissement structurel des groupes concernés, mais plutôt une phase d’adaptation à un environnement économique encore marqué par des incertitudes internationales.
Dans un contexte de transformation économique et de modernisation des filières stratégiques, les grandes entreprises marocaines restent des acteurs centraux du développement national. Les prochains exercices permettront d’évaluer leur capacité à rebondir dans une conjoncture annoncée comme plus favorable.
