Gazoduc Afrique Atlantique : la CEDEAO franchit une étape décisive pour le mégaprojet reliant le Nigeria au Maroc
Les États membres de la CEDEAO renforcent leur engagement en faveur de l'un des plus ambitieux projets énergétiques du continent, appelé à transformer les échanges de gaz en Afrique de l'Ouest
Les pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont signé, dimanche 19 juillet 2026, un accord soutenant la mise en œuvre du Gazoduc Afrique Atlantique Nigeria-Maroc, une infrastructure énergétique stratégique qui doit transporter jusqu’à 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an à travers 13 pays d’Afrique de l’Ouest avant de rejoindre le Maroc. Cette avancée marque une nouvelle étape vers la concrétisation d’un projet considéré comme un levier majeur de l’intégration économique et énergétique du continent.
Pensé dès 2016 à l’initiative du roi Mohammed VI et du président nigérian de l’époque, le Gazoduc Afrique Atlantique dépasse aujourd’hui le cadre d’une coopération bilatérale. Avec l’appui officiel de la CEDEAO, le projet devient une véritable infrastructure régionale destinée à connecter les marchés énergétiques ouest-africains tout en renforçant la sécurité énergétique des pays traversés.
Le futur gazoduc reliera les importantes réserves gazières du Nigeria au Maroc en longeant la façade atlantique de l’Afrique de l’Ouest. Il traversera notamment le Bénin, le Togo, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Gambie, le Sénégal et la Mauritanie, avant d’atteindre le territoire marocain. Une partie du gaz alimentera les marchés régionaux, tandis qu’une autre pourra être acheminée vers l’Europe grâce aux interconnexions existantes entre le Maroc et l’Espagne.
Au-delà de son rôle énergétique, le projet est présenté comme un moteur de développement économique. Il devrait favoriser l’industrialisation, améliorer l’accès à l’énergie, attirer des investissements et créer des milliers d’emplois tout au long de son tracé. Pour plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, il représente également une opportunité de valoriser leurs ressources naturelles et de renforcer les échanges commerciaux régionaux.
Cette nouvelle signature intervient alors que les principales études techniques, environnementales et d’ingénierie ont déjà été finalisées. Les prochaines étapes porteront sur la mise en place des structures de gouvernance, la mobilisation des financements et la signature des accords avec le Maroc et la Mauritanie, deux pays non membres de la CEDEAO mais essentiels au projet.
En soutenant officiellement cette initiative, la CEDEAO confirme sa volonté de faire des infrastructures transfrontalières un pilier de l’intégration africaine. Le Gazoduc Afrique Atlantique s’impose ainsi comme l’un des projets les plus structurants du continent, avec l’ambition de connecter les économies africaines avant de relier l’Afrique aux marchés internationaux.
