La CEDEAO maintient le cap sur l’ECO avec un lancement visé en 2027

Les dirigeants ouest-africains optent pour une mise en œuvre progressive de la monnaie unique afin de renforcer l’intégration économique régionale

Réunis le 20 juillet à Lungi, en Sierra Leone, lors du 67ᵉ sommet ordinaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), les chefs d’État ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027. Le projet sera déployé progressivement, en commençant par les pays qui remplissent les critères de convergence macroéconomique.

Les dirigeants de la CEDEAO ont convenu que seuls les États respectant les exigences en matière d’inflation, de déficit budgétaire, de dette publique et de stabilité monétaire participeront à la première phase du projet. Les autres pays bénéficieront d’un accompagnement technique afin d’atteindre progressivement ces objectifs.

Présentée comme un pilier de l’intégration régionale, la monnaie unique ECO vise à faciliter les échanges commerciaux, réduire les coûts des transactions, renforcer la stabilité financière et favoriser une croissance économique plus durable en Afrique de l’Ouest.

Des avancées techniques, mais des défis persistants

Les chefs d’État ont salué les progrès réalisés ces derniers mois, notamment les travaux menés entre la Commission de la CEDEAO et les banques centrales de la région. Ils ont également pris acte de l’enregistrement officiel de la marque « ECO » auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), tandis que la Guinée a rejoint la Task Force présidentielle chargée de piloter le projet.

Malgré ces avancées, la concrétisation de l’ECO reste conditionnée au respect des critères de convergence macroéconomique, un objectif que plusieurs États peinent encore à atteindre. Les précédents calendriers de lancement, initialement prévus pour 2020, puis repoussés à 2022 et 2025, avaient déjà été reportés en raison d’écarts persistants entre les économies de la région.

Le Nigeria, première économie de la CEDEAO, demeure un acteur clé de cette transition. Son poids économique et l’évolution de sa politique monétaire seront déterminants pour la réussite de l’union monétaire, qui devra rapprocher les pays utilisant le franc CFA au sein de l’UEMOA et ceux disposant de monnaies nationales, comme le naira nigérian, le cedi ghanéen ou le dalasi gambien.

L’AES, une nouvelle équation pour le projet

Le lancement de l’ECO devra également tenir compte de la nouvelle configuration géopolitique de la région. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger, désormais réunis au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), ont quitté la CEDEAO tout en continuant d’utiliser le franc CFA dans le cadre de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Cette situation crée une configuration institutionnelle inédite et soulève des interrogations sur la participation future de ces trois pays au projet de monnaie unique. La coordination entre la CEDEAO, l’UEMOA et les États de l’AES constituera l’un des principaux défis à relever avant une éventuelle entrée en vigueur de l’ECO en 2027.

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