RDC : plus de 2 000 cas d’Ebola recensés, MSF alerte sur un « rythme sans précédent »

La flambée, alimentée par la souche Bundibugyo, a déjà causé 754 décès et continue de s’étendre en République démocratique du Congo

La République démocratique du Congo (RDC) fait face à une aggravation rapide de l’épidémie d’Ebola. Les autorités sanitaires ont annoncé, mercredi 15 juillet, que le pays comptait désormais 2 011 cas confirmés, dont 754 décès. Présente dans cinq provinces, la flambée est qualifiée par Médecins Sans Frontières (MSF) de propagation à un « rythme sans précédent », tandis que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le nombre réel de contaminations pourrait être largement sous-évalué.

Selon les autorités congolaises, plus de 90 % des cas sont recensés dans la province de l’Ituri, épicentre de l’épidémie depuis sa déclaration le 15 mai 2026. Des infections ont également été confirmées dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uele et la Tshopo, ainsi qu’en Ouganda, où des cas liés à cette flambée ont été détectés.

Une propagation jugée exceptionnelle

Dans un communiqué publié mercredi, Médecins Sans Frontières (MSF) s’est inquiétée de la vitesse de propagation de la maladie. L’organisation souligne qu’en moins de cinq semaines, le nombre de cas confirmés a triplé, tandis que le nombre de décès a été multiplié par plus de cinq, appelant à un renforcement urgent de la réponse médicale.

De son côté, l’OMS estime que l’épidémie pourrait être deux à quatre fois plus importante que ne le suggèrent les chiffres officiels. Selon l’agence onusienne, près de 80 % des nouveaux cas proviennent de chaînes de transmission inconnues, compliquant considérablement les opérations de surveillance et de traçage des contacts.

Un essai clinique lancé face à l’absence de traitement homologué

La flambée actuelle est provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, contre laquelle aucun vaccin ni traitement homologué n’est disponible à ce jour.

Face à cette situation, un premier essai clinique, baptisé EBO-PEP, a été lancé le 14 juillet afin d’évaluer l’efficacité de l’antiviral expérimental obeldesivir, développé par le laboratoire américain Gilead Sciences. Administré par voie orale, ce traitement est testé comme prophylaxie post-exposition auprès de personnes ayant été en contact avec des cas confirmés.

Pour l’OMS, cette flambée constitue la progression la plus rapide observée en un seul mois parmi les épidémies d’Ebola qu’elle a eu à gérer, soulignant l’urgence de renforcer les capacités de dépistage, de prise en charge et de surveillance afin de limiter la propagation du virus.

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