L’Afrique de l’Ouest et du Centre au bord d’une crise alimentaire majeure

Conflits, flambée des prix, Ebola et recul des financements humanitaires alimentent une crise qui pourrait toucher près de 55 millions de personnes dans la région

L’Afrique de l’Ouest et du Centre traverse une nouvelle phase critique de son insécurité alimentaire. D’après une alerte publiée le 30 juillet par les agences des Nations unies, près de 55 millions de personnes pourraient être confrontées à une faim aiguë dans les prochains mois. La combinaison des tensions géopolitiques, de la résurgence d’Ebola, de la hausse des prix et du recul de l’aide humanitaire fait peser une menace croissante sur la région.

L’Organisation des Nations unies alerte sur une dégradation rapide de la situation alimentaire en Afrique de l’Ouest et du Centre. Selon les dernières estimations de la FAO et du Food Security Cluster, près de 55 millions de personnes risquent de se retrouver en situation d’insécurité alimentaire aiguë, dont 3,1 millions déjà confrontées à un niveau d’urgence.

Cette aggravation intervient en pleine période de soudure, lorsque les réserves alimentaires des ménages s’épuisent avant les prochaines récoltes. Les agences onusiennes estiment que la région fait face à plusieurs crises qui se renforcent mutuellement et fragilisent les populations les plus vulnérables.

Le conflit au Moyen-Orient figure parmi les principaux facteurs de cette détérioration. Les perturbations des chaînes d’approvisionnement internationales et des marchés de l’énergie entraînent une flambée des coûts du transport, des carburants et des engrais. Dans plusieurs pays ouest-africains, le prix du carburant a fortement augmenté, tandis que celui de l’urée a presque doublé en quelques semaines. Une situation qui menace la campagne agricole 2026-2027 et pourrait réduire les productions agricoles tout en accentuant la hausse des prix alimentaires.

À ces difficultés économiques s’ajoute une nouvelle inquiétude sanitaire. La résurgence d’Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda pourrait perturber davantage les échanges commerciaux, les activités pastorales et les déplacements des populations. Les Nations unies redoutent que cette situation n’affecte encore davantage l’accès à la nourriture et aux services essentiels dans plusieurs pays.

Autre facteur préoccupant : la baisse des financements destinés à l’aide humanitaire. Alors que les besoins continuent d’augmenter sous l’effet des conflits, des déplacements forcés et des chocs climatiques, les ressources disponibles diminuent. Dans le Sahel, moins d’un quart des financements nécessaires ont été mobilisés, compromettant les programmes alimentaires et nutritionnels.

Les conséquences sont particulièrement lourdes pour les enfants. Les agences estiment que 11,3 millions d’enfants de moins de cinq ans pourraient souffrir de malnutrition aiguë dans cinq pays sahéliens. Faute de ressources suffisantes, de nombreux enfants atteints de malnutrition sévère risquent de ne pas recevoir les traitements thérapeutiques indispensables à leur survie.

Selon les projections des Nations unies, une aggravation des tensions internationales pourrait faire basculer près de 10 millions de personnes supplémentaires dans l’insécurité alimentaire aiguë. Face à cette perspective, la FAO et ses partenaires appellent les gouvernements, les organisations régionales et les bailleurs de fonds à renforcer rapidement leur soutien afin de préserver les programmes d’urgence, soutenir les agriculteurs et éviter une catastrophe humanitaire de grande ampleur.

 

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