Le marché marocain de l’e-santé franchit le cap historique de 1,2 milliard de dollars
Portée par la téléconsultation et la digitalisation des soins, l'e-santé s'impose comme un levier stratégique pour moderniser le système de santé marocain, malgré des défis persistants
Le Maroc accélère sa transition vers la santé numérique avec un marché de l’e-santé désormais valorisé à 1,2 milliard de dollars, selon une récente étude du cabinet Ken Research. Portée par l’essor de la téléconsultation, la hausse du coût des soins et la digitalisation progressive des établissements de santé, cette croissance confirme l’importance croissante des technologies dans l’organisation des soins. Si les grandes métropoles concentrent aujourd’hui l’essentiel de cette dynamique, le développement du secteur dépendra désormais de son extension aux territoires ruraux et d’un cadre réglementaire plus adapté.
L’e-santé gagne du terrain
Le marché marocain de l’e-santé entre dans une nouvelle phase de développement. En atteignant une valorisation de 1,2 milliard de dollars, il confirme la montée en puissance d’un secteur qui s’est fortement accéléré depuis la pandémie de Covid-19.
La santé numérique couvre aujourd’hui un large éventail de services, allant des plateformes de téléconsultation aux applications médicales, en passant par les systèmes d’information hospitaliers, les solutions de télésurveillance et les prescriptions électroniques. Ces outils répondent à une demande croissante d’un accès plus rapide aux soins tout en contribuant à améliorer le suivi des patients.
La téléconsultation constitue le principal moteur de cette croissance. En facilitant les consultations à distance, elle réduit les déplacements, améliore le suivi des maladies chroniques et participe à désengorger les établissements de santé.
Un potentiel encore concentré dans les grandes villes
Pour l’heure, cette transformation profite surtout à Casablanca, Rabat et Marrakech. Ces métropoles disposent d’infrastructures numériques plus développées, d’une forte concentration d’établissements de santé et d’un écosystème de startups particulièrement dynamique.
L’enjeu est désormais d’étendre ces services aux régions moins bien desservies, où l’accès aux soins reste plus limité. Les experts estiment que la télémédecine pourrait contribuer à réduire les inégalités territoriales, à condition d’améliorer la connectivité Internet et les infrastructures numériques.
Des défis à relever
Malgré cette dynamique, plusieurs obstacles freinent encore le développement du secteur. Le rapport de Ken Research souligne notamment le manque d’infrastructures dans certaines zones rurales, ainsi que la nécessité de renforcer le cadre réglementaire.
L’intégration de la télémédecine dans le système de santé public, la protection des données médicales, l’interopérabilité des systèmes numériques et les modalités de remboursement des consultations à distance figurent parmi les principaux chantiers à mener.
Dans son Livre blanc, le Centre d’innovation en e-santé (CIeS) recommande la mise en place d’une gouvernance nationale dédiée, le renforcement de la cybersécurité, le déploiement progressif du dossier médical partagé et la formation des professionnels de santé aux outils numériques.
Un marché appelé à se renforcer
Au-delà de la modernisation du système de santé, l’e-santé ouvre également de nouvelles perspectives économiques. Le développement des technologies médicales crée des opportunités pour les startups, les entreprises du numérique, les fournisseurs de solutions cloud et les acteurs de l’intelligence artificielle appliquée à la santé.
Si les investissements se poursuivent et que les freins réglementaires sont progressivement levés, le Maroc pourrait consolider sa position parmi les marchés les plus dynamiques de la santé numérique en Afrique, tout en améliorant l’accès aux soins pour une part croissante de sa population.
