Maroc : 365 millions d’euros de la BEI pour protéger les routes et les rails des effets du climat
Un financement stratégique pour moderniser les transports et renforcer leur résilience face au changement climatique
Le Maroc et la Banque européenne d’investissement (BEI) ont signé, mercredi à Rabat, un accord de financement de 365 millions d’euros destiné à moderniser les réseaux autoroutier et ferroviaire du Royaume. L’objectif est de renforcer la résilience des infrastructures de transport face aux effets du changement climatique, tout en consolidant le rôle du Maroc comme plateforme logistique entre l’Europe et l’Afrique.
L’accord a été signé par la ministre marocaine de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, et la présidente de la Banque européenne d’investissement, Nadia Calviño. Il s’inscrit dans une stratégie de long terme visant à adapter les infrastructures nationales aux phénomènes météorologiques extrêmes, de plus en plus fréquents en Afrique du Nord.
Au-delà de l’amélioration des réseaux de transport, ce partenariat traduit une évolution des politiques d’investissement : il ne s’agit plus seulement de développer de nouvelles infrastructures, mais aussi de protéger les ouvrages existants contre les conséquences du réchauffement climatique.
Deux projets stratégiques pour le rail et les autoroutes
Le financement se répartit entre deux programmes majeurs.
La plus grande partie de l’enveloppe, soit 300 millions d’euros, est accordée à la Société nationale des autoroutes du Maroc (ADM). Ces fonds serviront à renforcer la résilience du réseau autoroutier contre les risques d’érosion, les glissements de terrain, les inondations et les fortes variations de température susceptibles d’endommager les chaussées et les ouvrages d’art.
Les 65 millions d’euros restants sont destinés à l’Office national des chemins de fer (ONCF). Ce financement comprend un prêt de 50 millions d’euros de la BEI et une subvention de 15 millions d’euros de l’Union européenne. Il permettra de réhabiliter plusieurs infrastructures ferroviaires, de renouveler certaines voies et de mieux protéger le réseau contre les inondations ainsi que les vagues de chaleur, dont les effets peuvent entraîner la déformation des rails et perturber le trafic.
Adapter les infrastructures aux défis climatiques
Le choix d’orienter ces investissements vers la résilience climatique répond à un enjeu économique majeur.
Les épisodes de pluies intenses, les sécheresses prolongées et les températures extrêmes exercent une pression croissante sur les infrastructures de transport en Afrique. Ces phénomènes provoquent régulièrement des interruptions de circulation, augmentent les coûts de maintenance et fragilisent les chaînes logistiques.
En intégrant des normes de construction adaptées aux nouvelles réalités climatiques, le Maroc cherche à limiter ces risques, à garantir la continuité des échanges et à préserver la compétitivité de son économie.
Cette approche s’inscrit également dans les engagements du Royaume en faveur d’une transition vers des infrastructures plus durables et plus résistantes aux impacts du changement climatique.
Un levier pour le rôle logistique du Maroc
Au-delà de l’aspect climatique, ces investissements renforcent la stratégie du Maroc visant à consolider sa position de hub logistique régional.
Grâce à sa proximité avec l’Europe, à ses infrastructures portuaires et à son réseau de transport en constante modernisation, le Royaume ambitionne de faciliter les échanges commerciaux entre les deux rives de la Méditerranée et avec le reste du continent africain.
Le renforcement des corridors ferroviaires et autoroutiers devrait ainsi soutenir le développement du commerce régional, améliorer la circulation des marchandises et accompagner la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui mise sur des réseaux de transport performants pour stimuler les échanges intra-africains.
Une coopération de longue date avec la BEI
La signature de cet accord confirme la solidité du partenariat entre le Maroc et la Banque européenne d’investissement.
Depuis le début de leur coopération en 1979, la BEI a mobilisé près de 12 milliards d’euros au profit de projets marocains dans les secteurs des transports, de l’énergie, de l’eau, de l’éducation et du développement urbain.
Avec ce nouveau financement, l’institution européenne poursuit son soutien à la modernisation des infrastructures marocaines tout en accompagnant les efforts du Royaume pour faire face aux défis climatiques et renforcer sa connectivité régionale.
