Le Ghana ouvre la voie à un mandat présidentiel de cinq ans

Le gouvernement de John Dramani Mahama a validé plusieurs recommandations issues de la révision de la Constitution de 1992, dont l'allongement du mandat présidentiel et parlementaire ainsi que l'abaissement de l'âge d'éligibilité à la magistrature suprême

Le Ghana franchit une nouvelle étape dans la réforme de ses institutions. Le gouvernement a donné son accord de principe à plusieurs recommandations de la commission chargée de réviser la Constitution de 1992, parmi lesquelles figure le passage du mandat présidentiel de quatre à cinq ans. Cette réforme, qui vise à offrir davantage de temps aux gouvernements pour mettre en œuvre leurs politiques publiques, devra encore être approuvée par référendum en 2027.

Plus de temps pour gouverner

Le ministre de la Justice, Dominic Ayine, a annoncé que l’exécutif soutenait l’extension du mandat présidentiel à cinq ans. Le mandat des députés serait lui aussi prolongé afin de rester aligné sur celui du chef de l’État.

Selon le gouvernement, un mandat de quatre ans laisse peu de marge pour conduire des réformes de fond. Les premiers mois sont consacrés à la transition entre deux administrations, tandis que la dernière année est largement absorbée par la préparation des élections. L’objectif affiché est donc d’accroître l’efficacité de l’action publique en allongeant la période de gouvernance effective.

Un accès élargi à la présidence

L’exécutif a également accepté d’abaisser l’âge minimum requis pour se présenter à l’élection présidentielle. Si la commission recommandait un seuil de 30 ans, le gouvernement a finalement retenu 35 ans, contre 40 ans actuellement.

Autre changement envisagé : l’organisation des élections présidentielles durant la première semaine de novembre. Cette modification permettrait de disposer d’un délai plus confortable entre le scrutin et l’investiture présidentielle prévue le 7 janvier.

Une réforme soumise aux Ghanéens

Une nouvelle commission sera chargée de rédiger les projets d’amendement constitutionnel, attendus d’ici octobre 2026. Les textes devront ensuite être examinés par le Parlement avant d’être soumis à un référendum national en 2027.

Pour entrer en vigueur, la réforme devra réunir au moins 40 % des électeurs inscrits et obtenir le soutien d’au moins 75 % des votants, conformément aux dispositions de la Constitution ghanéenne.

Un débat sur l’équilibre démocratique

Cette réforme relance le débat sur la durée idéale du mandat présidentiel. Pour ses défenseurs, un mandat de cinq ans offrirait davantage de stabilité et permettrait aux gouvernements de mener leurs projets à terme. Ses détracteurs estiment au contraire qu’un mandat plus long réduit la fréquence à laquelle les citoyens peuvent sanctionner ou renouveler leurs dirigeants dans les urnes.

Si elle est approuvée par référendum, cette réforme marquera l’un des changements institutionnels les plus importants au Ghana depuis l’adoption de la Constitution de 1992.

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