Afrique : la croissance attendue à 4,3 % en 2026, la Banque mondiale mise sur l’intelligence artificielle
Croissance africaine : la Banque mondiale relève ses prévisions, mais appelle à accélérer sur l’intelligence artificielle
La croissance africaine montre une nouvelle fois sa résilience. Dans sa dernière mise à jour économique, la Banque mondiale a relevé sa prévision de croissance pour l’Afrique subsaharienne à 4,3 % en 2026, contre 4,1 % prévu précédemment. En 2025, la région avait enregistré une croissance de 4,1 %.
Cette révision intervient alors que les économies africaines continuent d’évoluer dans un environnement international difficile, marqué notamment par des coûts énergétiques élevés et des perturbations des chaînes d’approvisionnement liées aux tensions géopolitiques.
Une croissance qui ne suffit pas encore
Pour la Banque mondiale, l’amélioration du taux de croissance ne doit toutefois pas masquer une réalité importante : la progression de l’activité économique ne se traduit pas encore suffisamment par une amélioration des revenus des populations.
La croissance du revenu par habitant devrait atteindre seulement 1,8 % en 2026, contre 1,6 % en 2025. L’institution souligne donc que le véritable défi consiste désormais à transformer la croissance économique en emplois et en opportunités. Cette question est particulièrement importante dans un continent où la population en âge de travailler augmente rapidement.
La capacité des économies africaines à créer des emplois productifs sera donc déterminante pour transformer la dynamique démographique en avantage économique.
L’intelligence artificielle comme nouveau levier
Face à ce défi, la Banque mondiale encourage les gouvernements africains à accélérer les investissements dans l’intelligence artificielle.
L’institution estime que l’Afrique ne dispose pas encore des mêmes infrastructures et des mêmes capacités financières que les grandes puissances technologiques. Mais elle considère que le continent peut tout de même tirer profit d’applications pratiques de l’IA, notamment sur des appareils accessibles et dans des secteurs où les besoins sont importants.
L’éducation constitue notamment un domaine où l’IA pourrait avoir un impact important. Des outils intelligents peuvent être utilisés pour accompagner les élèves dans leur apprentissage et proposer des solutions éducatives adaptées à différents profils.
L’agriculture pourrait également bénéficier de ces technologies, notamment à travers des outils capables d’aider les agriculteurs à identifier certaines maladies touchant le bétail.
Dans les petites entreprises, l’automatisation de certaines tâches administratives et comptables pourrait également améliorer la productivité.
Les infrastructures restent indispensables
Le développement de l’IA en Afrique ne pourra cependant pas reposer uniquement sur les applications et les logiciels.
La Banque mondiale souligne notamment l’importance des infrastructures numériques, des centres de données et de la protection des données personnelles. Le développement de centres de données partagés pourrait contribuer à accélérer l’adoption des technologies d’intelligence artificielle sur le continent.
Cette question est stratégique car les capacités de calcul et de stockage sont devenues des infrastructures économiques essentielles.
Les pays africains devront donc trouver un équilibre entre l’investissement dans les infrastructures physiques traditionnelles et le développement des infrastructures numériques.
Une nouvelle phase pour les économies africaines
La révision à la hausse de la croissance constitue un signal positif pour le continent, mais elle ne règle pas les défis structurels auxquels les économies africaines sont confrontées.
La priorité sera désormais de transformer la croissance en emplois, d’améliorer la productivité et de renforcer la capacité des entreprises africaines à intégrer les nouvelles technologies.
L’intelligence artificielle pourrait jouer un rôle important dans cette transformation, à condition que les investissements nécessaires dans les infrastructures, les compétences et la protection des données suivent.
Pour l’Afrique, l’enjeu n’est donc plus seulement de maintenir une croissance supérieure à celle de nombreuses autres régions du monde. Il s’agit désormais de faire en sorte que cette croissance produise davantage de valeur, d’emplois et d’opportunités pour les populations.
