Investissements étrangers : l’Afrique attire près de 70 milliards de dollars en 2025, portée par l’énergie et les infrastructures
Les investissements étrangers en Afrique restent élevés malgré le recul des flux
L’Afrique reste au cœur des stratégies d’investissement internationales. Selon les données publiées ce 7 octobre 2026 par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, la CNUCED, le continent a enregistré environ 70 milliards de dollars d’investissements directs étrangers en 2025.
Le montant représente une baisse par rapport aux 94 milliards de dollars enregistrés en 2024. Cette diminution doit toutefois être replacée dans son contexte : l’année 2024 avait été exceptionnellement élevée en raison de plusieurs transactions de grande ampleur.
Malgré ce recul, le niveau atteint en 2025 reste historiquement important. La CNUCED estime qu’il s’agit du troisième niveau le plus élevé enregistré en Afrique depuis 1990, et d’un montant environ 30 % supérieur à la moyenne de long terme du continent.
L’énergie et les infrastructures au centre de l’intérêt
Le profil des investissements révèle surtout une évolution des priorités internationales. Les investisseurs se positionnent de plus en plus sur des secteurs considérés comme stratégiques pour l’économie mondiale, notamment l’énergie, les minerais et les infrastructures.
Cette tendance s’explique notamment par l’importance croissante des ressources africaines dans les chaînes de valeur mondiales.
La transition énergétique nécessite en effet des volumes importants de minerais et de nouvelles infrastructures. Dans le même temps, l’augmentation des besoins en électricité, en transport et en numérique crée de nouvelles opportunités pour les investisseurs.
Cette évolution place plusieurs économies africaines au centre de nouvelles stratégies industrielles et énergétiques.
L’Égypte conserve une place majeure
L’Égypte reste le premier bénéficiaire des investissements directs étrangers sur le continent, avec environ 15 milliards de dollars enregistrés en 2025. L’Afrique du Nord demeure ainsi la principale sous-région africaine en matière d’attraction des investissements.
Les pays africains les moins avancés ont également attiré des montants importants, avec environ 33 milliards de dollars d’investissements en 2025. Toutefois, ces flux restent concentrés sur un nombre limité d’économies et de secteurs, notamment les ressources naturelles, l’énergie et les infrastructures.
Cette concentration constitue l’un des principaux défis pour le continent.
Le défi de la transformation industrielle
Attirer des capitaux étrangers est une chose. Transformer ces investissements en capacité industrielle durable en est une autre.
Une partie importante des investissements africains continue d’être liée à l’exploitation de ressources naturelles. Or, l’enjeu pour les économies africaines est désormais de renforcer les chaînes de valeur locales afin de créer davantage d’emplois, de compétences et de valeur ajoutée sur le continent.
La transformation des ressources minières ou énergétiques doit donc progressivement s’accompagner d’investissements dans la transformation industrielle, les infrastructures, la formation et les technologies.
C’est précisément sur ce point que les prochaines années seront déterminantes pour les économies africaines.
Un potentiel encore largement sous-exploité
Malgré la progression des investissements, l’Afrique reste confrontée à un déficit important de financement pour atteindre ses objectifs de développement.
Le continent doit donc continuer à améliorer son environnement d’investissement, renforcer ses infrastructures et développer ses marchés financiers afin de transformer l’intérêt international en investissements productifs de long terme.
Pour les investisseurs internationaux, l’Afrique représente désormais bien plus qu’un marché de ressources naturelles. L’énergie, les infrastructures, les minerais critiques, le numérique et les nouvelles technologies constituent autant de secteurs susceptibles de jouer un rôle majeur dans la prochaine phase de développement économique du continent.
