Maroc : le déficit commercial atteint 282,6 milliards de dirhams à fin août 2026
La progression des importations continue de creuser le déficit extérieur, malgré la bonne performance de plusieurs secteurs exportateurs, notamment l’automobile et l’aéronautique
Le déficit commercial du Maroc poursuit sa progression en 2026. À fin août, le déficit des échanges de biens s’est établi à 282,6 milliards de dirhams, contre 225,3 milliards de dirhams au cours de la même période de l’année précédente. Cette évolution traduit une hausse importante du déséquilibre entre les importations et les exportations du Royaume.
Selon les dernières données de l’Office des Changes, les importations marocaines ont atteint 617,5 milliards de dirhams, enregistrant une progression de 15,8% sur un an. Dans le même temps, les exportations se sont établies à 334,9 milliards de dirhams, en hausse de 8,7%.
La progression des importations constitue ainsi le principal facteur d’élargissement du déficit commercial. Cette dynamique s’explique notamment par l’augmentation des achats de produits énergétiques, de biens d’équipement et de certains produits nécessaires à l’activité industrielle et à la consommation intérieure.
Malgré cette situation, les exportations marocaines continuent d’afficher des performances importantes dans plusieurs secteurs stratégiques. L’industrie automobile confirme notamment son rôle central dans les échanges extérieurs du Royaume. Les exportations du secteur ont progressé de manière significative, renforçant sa position parmi les principales sources de recettes à l’export.
Le secteur aéronautique affiche également une dynamique favorable. La progression des exportations dans cette industrie traduit le développement progressif d’un écosystème industriel marocain capable de s’intégrer davantage dans les chaînes de valeur internationales.
Cette montée en puissance des industries automobile et aéronautique constitue un élément important de la stratégie marocaine de diversification des exportations. Le Royaume cherche depuis plusieurs années à réduire sa dépendance aux exportations traditionnelles et à développer des activités industrielles à plus forte valeur ajoutée.
Le secteur des phosphates et dérivés reste également un pilier majeur des exportations marocaines. Toutefois, son évolution récente montre que les performances peuvent varier en fonction des prix internationaux et de la demande mondiale.
Le déficit commercial ne signifie donc pas nécessairement une faiblesse des exportations marocaines. Il reflète également l’augmentation des besoins de l’économie nationale en produits importés, notamment pour accompagner l’investissement, les infrastructures et le développement industriel.
L’enjeu pour le Maroc consiste désormais à poursuivre la montée en gamme de son appareil productif afin d’augmenter les capacités d’exportation tout en développant davantage la production locale de certains biens actuellement importés.
À moyen terme, le renforcement de l’intégration industrielle pourrait ainsi contribuer à améliorer la balance commerciale. L’objectif ne serait pas uniquement d’augmenter les exportations, mais également de créer davantage de valeur au Maroc avant que les produits ne soient destinés aux marchés internationaux.
