Entreprises “zombies” au Maroc : un risque silencieux pour l’économie nationale

Un tissu entrepreneurial fragilisé

L’économie marocaine fait face à un défi structurel majeur : la présence d’environ 300 000 entreprises dites “zombies”, c’est-à-dire des sociétés qui survivent malgré une rentabilité très faible, voire inexistante. Ces entreprises continuent d’opérer grâce à des reports de dettes, des crédits renouvelés ou des retards de paiement, sans réelle capacité de croissance ou d’investissement.

Cette situation fragilise l’ensemble du tissu économique, notamment les petites et moyennes entreprises, qui subissent directement les effets des impayés et des retards de règlement.

Une pression croissante sur les chaînes de paiement

L’un des principaux risques liés aux entreprises zombies réside dans la détérioration des chaînes de paiement. Lorsqu’une entreprise ne règle pas ses fournisseurs à temps, elle transmet ses difficultés financières à d’autres acteurs économiques, créant un effet domino susceptible de provoquer des défaillances en cascade.

Ce phénomène pèse particulièrement sur les TPME, souvent moins capitalisées et plus vulnérables aux retards de trésorerie. À terme, cela freine l’investissement, limite la création d’emplois et ralentit la dynamique économique globale.

Un frein à la compétitivité et à la croissance

La persistance d’un grand nombre d’entreprises non viables constitue également un frein à la compétitivité. Ces structures mobilisent des ressources financières, humaines et bancaires qui pourraient être réorientées vers des entreprises plus innovantes et productives.

Dans un contexte où le Maroc cherche à renforcer son attractivité économique et à monter en gamme industriellement, cette situation limite l’émergence de nouveaux acteurs capables de soutenir la croissance et de s’insérer durablement dans les chaînes de valeur régionales et internationales.

La nécessité de réformes structurelles

Face à ce constat, les experts et acteurs économiques soulignent l’urgence de réformes structurelles. Celles-ci passent notamment par une amélioration des mécanismes de restructuration des entreprises en difficulté, un encadrement plus strict des délais de paiement, ainsi qu’un accompagnement ciblé pour les entreprises présentant un réel potentiel de redressement.

L’objectif n’est pas uniquement de réduire le nombre d’entreprises zombies, mais de renforcer la résilience du tissu entrepreneurial et d’assainir l’environnement des affaires.

Un enjeu clé pour la stabilité économique

La question des entreprises zombies dépasse le cadre microéconomique. Elle constitue un enjeu majeur de stabilité économique, influençant la confiance des investisseurs, la solidité du système financier et la capacité du pays à soutenir une croissance durable.

La gestion de ce risque sera déterminante pour permettre au Maroc de consolider sa reprise économique et de construire un modèle de développement plus robuste et plus inclusif.

 

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