Africa Investment Forum : le pari d’une Afrique financée par son secteur privé

À Rabat, l’Africa Investment Forum 2025 réunit investisseurs, décideurs et porteurs de projets pour accélérer le financement du développement africain à travers des solutions privées et durables.

Aujourd’hui, 28 novembre 2025, se termine à Rabat (Maroc) l’édition 2025 des Market Days 2025 de l’Africa Investment Forum (AIF), un forum qui incarne, plus que jamais, l’espoir d’un tournant pour l’investissement privé en Afrique.

 Pourquoi cette édition compte

L’AIF est conçu comme une plateforme opérationnelle : il ne s’agit pas seulement d’un espace de discussion, mais d’un lieu où des projets africains « prêts à être financés » (bankable) sont présentés à des investisseurs. Cette année, le forum affiche un portefeuille exceptionnel de 41 projets , dont 39 sont entièrement prêts pour l’investissement . Un bilan qui témoigne d’une maturité accumulée des propositions présentées. Plus de 2 500 délégués (investisseurs, financiers, promoteurs de projets, responsables politiques) sont présents, venant d’Afrique comme d’autres régions, signe que l’attention sur le continent reste très élevée.

Domaines & des enjeux qui visent loin

Les projets proposés à l’AIF couvrent des secteurs clés pour l’avenir de l’Afrique et stratégiques pour son développement durable :

  • Énergie & infrastructures : plusieurs projets concernent les énergies renouvelables, l’électrification, les infrastructures de transport ou logistiques, essentiels pour moderniser le continent.
  • Agriculture, agro-industriel, transformation & chaînes de valeur : l’investissement privé est appelé à jouer un rôle central pour améliorer la sécurité alimentaire, développer l’industrie locale, et créer des emplois.
  • Numérique & développement technologique : l’une des ambitions de l’AIF est d’attirer des capitaux pour la digitalisation un levier fondamental pour l’éducation, l’entrepreneuriat, l’innovation, le commerce et l’inclusion.

Selon les organisateurs, l’Afrique fait face à un déficit de financement de l’ordre de 130 à 170 milliards de dollars pour couvrir ses besoins en infrastructures, énergie, services, logistique et un vide que l’AIF vise à combler en mobilisant le privé.

 

Appels à l’action, le rôle central du privé

Lors de l’ouverture du forum, les ministres africains des finances ont lancé un message clair : l’Afrique doit passer « de la promesse à l’action concrète » ce ne sont plus les aides publiques ou l’assistance, mais les capitaux privés qui doivent être le moteur de la transformation. Le président du groupe Banque Africaine de Développement (BAD), pilier de l’AIF, a insisté sur le potentiel énorme que représente la jeunesse africaine en ressources humaines, en consommation, en entrepreneuriat et sur la nécessité d’investir dans des projets porteurs d’avenir pour transformer ce dividende démographique en moteur de croissance.

 

Ce que surveiller à l’issue du forum

Quels projets seront effectivement financés et lancés  ; transformation en actes concrets, plus que promesses. L’AIF 2025 a présenté 41 projets, mais tout dépendra de leur réalisation.

Si les financements aboutissent à des projets inclusifs, durables, et générateurs d’emplois , cela pourrait marquer un tournant positif pour le développement africain.

L’implication accumulée du secteur privé africain, PME, investisseurs locaux, sera cruciale pour éviter une trop forte dépendance aux capitaux étrangers.

Alors que les derniers panneaux se clôturent aujourd’hui, une certitude s’impose : l’Afrique dispose des idées, du potentiel humain et des ressources nécessaires pour se transformer. Reste désormais à savoir si les engagements pris à Rabat se traduiront, sur le terrain, par des projets concrets. Car c’est là que se jouera vraiment l’avenir économique du continent non pas dans les discours, mais dans la capacité à transformer l’investissement en impact réel.

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