Botswana : la banque centrale maintient son taux directeur à 3,5 % malgré le ralentissement économique
Face à une économie en recul et une inflation en hausse, la Bank of Botswana joue la prudence et laisse son taux inchangé lors de la première réunion dirigée par son nouveau gouverneur
La Bank of Botswana (BoB) a annoncé, ce 4 décembre 2025, le maintien de son taux directeur à 3,5 % , confirmant une approche monétaire prudente alors même que l’économie du pays s’est contractée de 3 % sur un an , d’après les données arrêtées à juin 2025.
Cette réunion revêtait un caractère particulier : c’était la première sous la direction du nouveau gouverneur de la BoB. Malgré les attentes de certains analystes qui anticipaient un soutien plus marqué à l’activité, la banque centrale a fait le choix de la stabilité. Selon elle, le maintien du taux permettra de préserver l’ancrage des anticipations d’inflation, tout en surveillant de près la demande intérieure et les pressions externes.
Un contexte économique fragilisé par le diamant
Le Botswana, l’un des plus grands producteurs mondiaux de diamants, reste fortement dépendant de cette ressource. La diminution de la demande internationale a pesé lourdement sur les exportations, entraînant un recul de la croissance. Le pays fait également face à une inflation en progression, bien qu’elle reste dans la fourchette cible de la banque centrale, ce qui limite la marge de manœuvre pour un assouplissement monétaire.
Une attendue, mais des risques pour 2026
La BoB anticipe une de la liquidité bancaire et une stabilisation de l’activité au cours des prochains mois. Toutefois, elle a mis en garde contre un potentiel dérapage inflationniste en 2026 , lié aux incertitudes mondiales, à la disponibilité des prix des matières premières et aux fluctuations des devises régionales.
Une décision cohérente mais limitée
Le choix de maintenir le taux reflète une volonté d’équilibrer deux impératifs :
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ne pas étouffer davantage la croissance , déjà fragilisée ;
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éviter d’alimenter l’inflation avec un assouplissement trop rapide.
Cependant, certains économistes estiment que l’économie botswanaise pourrait nécessiter des réformes structurelles et une diversification plus agressive pour réduire la dépendance au diamant et renforcer la résilience du pays face aux chocs externes.
Alors que 2026 s’annonce encore incertaine, le Botswana avance sur une ligne de crête : stabilisateur de son économie sans renoncer à la prudence monétaire. Une équation délicate dont dépendra, en grande partie, la santé économique du pays dans les années à venir.
