CEDEAO rejette le plan de transition militaire en Guinée-Bissau : risques pour l’économie et la stabilité régionale
Alors que le pays traverse un nouveau coup d’État, le bloc ouest-africain impose un retour rapide à l’ordre constitutionnel, sous peine de sanctions ciblées.
L’armée de Guinée-Bissau, se désignant comme le Haut Commandement militaire, a renversé le président Umaro Sissoco Embalo et installé le général-major Horta Inta-a comme président par intérim. Ce coup d’État marque le neuvième changement de pouvoir militaire en Afrique de l’Ouest et centrale au cours des cinq dernières années, aggravant les inquiétudes sur le recul démocratique dans la région.
Lors du sommet annuel de la CEDEAO à Abuja, au Nigeria, les dirigeants ont insisté sur la libération immédiate de tous les détenus politiques et sur la mise en place d’une transition inclusive et courte, afin de restaurer la légitimité constitutionnelle.
Décisions et sanctions de la CEDEAO
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Rejet formel du plan de transition militaire.
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Mandat donné au président de la Commission de la CEDEAO pour diriger une délégation de haut niveau vers Bissau.
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Menace de sanctions ciblées contre toute personne ou groupe entravant la transition démocratique.
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Appel à l’Union Africaine et aux partenaires internationaux pour soutenir l’action de la CEDEAO.
Selon Omar Touray, président de la Commission de la CEDEAO :
« La CEDEAO adopte une tolérance zéro envers tout changement anticonstitutionnel de gouvernement. »
Implications économiques
L’instabilité politique de la Guinée-Bissau pèse directement sur l’économie :
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Investissements étrangers : les incertitudes découragent les investisseurs, ralentissant les projets dans l’agriculture, la pêche et les infrastructures.
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Commerce et échanges régionaux : le pays risque d’être isolé si les sanctions s’appliquent, affectant les importations essentielles et la circulation des biens.
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Inflation et marché local : la peur et l’instabilité peuvent provoquer une hausse des prix des produits de première nécessité, impactant le pouvoir d’achat des citoyens.
La Guinée-Bissau, déjà fragile sur le plan économique, pourrait voir ses efforts de développement ralentis, accentuant les défis sociaux et financiers du pays.
Enjeux régionaux
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La CEDEAO renforce son rôle de garant de la stabilité démocratique.
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La situation rappelle que les coups d’État répétés en Afrique de l’Ouest créent un climat de risque politique élevé, directement lié à la baisse de confiance des investisseurs et au ralentissement économique.
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La réaction internationale pourrait servir de précédent pour d’autres pays de la région, dissuadant de futures tentatives de prise de pouvoir anticonstitutionnelle.
Le rejet du plan militaire par la CEDEAO souligne la fragilité institutionnelle de la Guinée-Bissau et la nécessité d’un retour rapide à la démocratie. Pour l’économie locale et régionale, le message est clair : stabilité politique et sécurité juridique restent essentielles pour attirer les investissements et garantir la croissance. La communauté ouest-africaine observe désormais de près l’évolution de cette transition, qui pourrait avoir des effets durables sur l’ensemble du sous-continent.
