L’Union européenne change de cap et mise sur les ressources stratégiques africaines
Entre partenariats économiques, infrastructures et sécurisation des minerais critiques, l’UE redéfinit sa relation avec l’Afrique.
L’Union européenne opère un tournant majeur dans sa politique économique envers l’Afrique. Longtemps centrée sur l’aide au développement classique, Bruxelles privilégie désormais une approche plus stratégique, axée sur l’investissement, les infrastructures et l’accès aux ressources naturelles africaines, essentielles à la transition énergétique mondiale.
Ce repositionnement intervient dans un contexte de forte concurrence internationale. Face à la présence croissante de la Chine, des États-Unis et des pays du Golfe sur le continent, l’UE cherche à sécuriser ses chaînes d’approvisionnement en minerais critiques tels que le cuivre, le cobalt ou le lithium, indispensables aux industries européennes des énergies renouvelables, des batteries et de l’automobile électrique.
Parmi les projets emblématiques figure le corridor ferroviaire de Lobito, reliant la Zambie et la République démocratique du Congo au port angolais de Lobito. Cette infrastructure stratégique vise à faciliter l’exportation des ressources minières africaines vers les marchés européens, tout en renforçant l’intégration économique régionale. L’investissement mobilisé se chiffre en milliards d’euros et s’inscrit dans la stratégie européenne Global Gateway.
Pour les pays africains, cette nouvelle orientation ouvre des opportunités économiques importantes. Les investissements dans les infrastructures de transport, d’énergie et de logistique peuvent stimuler la croissance, créer des emplois et améliorer la compétitivité des économies locales. Plusieurs gouvernements africains voient dans cette dynamique un levier pour valoriser davantage leurs ressources et attirer des capitaux à long terme.
Cependant, cette évolution soulève aussi des interrogations. Des acteurs de la société civile et des experts appellent à une vigilance accrue afin que ces partenariats ne se limitent pas à l’extraction des ressources, mais favorisent également la transformation locale, le transfert de compétences et un développement plus inclusif.
À l’heure où l’Afrique s’affirme comme un acteur central de l’économie mondiale des ressources stratégiques, le nouveau cap de l’Union européenne pourrait redessiner les relations économiques euro-africaines. Reste à savoir si cette coopération saura concilier intérêts géopolitiques européens et ambitions de développement durable du continent.
