Afrique du Sud : De Beers prévoit de suspendre la production de la mine de Venetia pendant deux ans

Le géant du diamant ajuste ses activités pour réduire ses coûts face à la crise persistante du marché mondial

De Beers a annoncé, le 13 juillet 2026, son intention de suspendre pendant deux ans la production de la mine de Venetia, en Afrique du Sud, sous réserve des consultations réglementaires avec les employés. Cette décision s’inscrit dans la stratégie du groupe visant à réduire ses coûts et à renforcer sa résilience face à la faiblesse prolongée du marché mondial du diamant. L’arrêt temporaire pourrait toutefois avoir d’importantes répercussions sur l’emploi et l’économie locale.

Une réponse à un marché du diamant toujours sous pression

Premier complexe diamantifère d’Afrique du Sud, la mine de Venetia constitue un actif stratégique pour De Beers. En 2025, elle a produit 2,23 millions de carats, soit environ 10 % de la production totale du groupe et près de 40 % de la production de diamants de l’Afrique du Sud.

Confronté à une demande mondiale toujours atone, notamment en Chine, à la montée en puissance des diamants synthétiques et à des prix durablement déprimés, De Beers poursuit son programme d’optimisation. Après avoir ralenti certains investissements sur d’autres actifs, le groupe prévoit désormais de mettre temporairement à l’arrêt Venetia afin de limiter ses dépenses d’exploitation et de rééchelonner ses investissements.

Des milliers d’emplois concernés

La suspension de la production ouvre une période d’incertitude pour les salariés de la mine. Les sources estiment que Venetia emploie environ 3 500 personnes, tandis que certaines évoquent jusqu’à 4 400 emplois en incluant les sous-traitants et le personnel associé.

De Beers a indiqué que cette décision sera précédée des consultations prévues par la législation sud-africaine et s’est engagé à accompagner les employés concernés ainsi que les communautés locales tout au long du processus.

Au-delà des emplois directs, l’arrêt temporaire pourrait également affecter les entreprises sous-traitantes, les fournisseurs et l’ensemble de l’activité économique de la région, fortement dépendante de l’exploitation minière.

Des objectifs de production maintenus pour 2026

Malgré cette suspension, De Beers maintient ses prévisions de production pour 2026, comprises entre 21 et 26 millions de carats.

Le groupe prévoit d’ajuster la production de ses autres exploitations afin de compenser l’arrêt temporaire de Venetia, tout en rééchelonnant les investissements liés au développement de la mine souterraine.

De Beers souligne que cette pause doit permettre de préserver la valeur à long terme de l’actif, dont la durée de vie est actuellement prévue jusqu’en 2046.

Une annonce qui intervient en pleine restructuration de De Beers

Cette décision intervient alors qu’Anglo American, propriétaire majoritaire de De Beers, poursuit son projet de cession de l’entreprise dans le cadre de sa stratégie de recentrage sur le cuivre.

Le gouvernement du Botswana, qui détient 15 % du capital de De Beers, suit de près ce processus et a exprimé son intérêt pour renforcer sa participation. L’Angola figure également parmi les pays ayant manifesté leur intérêt, aux côtés de plusieurs consortiums privés.

Dans ce contexte, la suspension temporaire de Venetia illustre la volonté de De Beers de préserver sa rentabilité et sa valeur avant une éventuelle évolution de son actionnariat.

 

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