Maroc : un secteur bancaire de plus en plus solide face aux défis économiques
Le système bancaire marocain confirme sa résilience financière et son rôle central dans le financement de l’économie.
Le secteur bancaire marocain continue de renforcer ses fondamentaux financiers, confortant ainsi son rôle moteur dans le soutien à la croissance économique du pays. Lors de la 22ᵉ réunion du Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques (CCSRS), tenue mardi au siège de Bank Al-Maghrib à Rabat, les autorités ont mis en avant des indicateurs robustes tant en termes de rentabilité que de solvabilité.
Selon le communiqué du CCSRS, la rentabilité des banques demeure soutenue, portée par les activités de marché et d’intermédiation, tandis que les ratios de fonds propres se situent nettement au-dessus des minima réglementaires. À fin juin 2025, le ratio moyen de fonds propres de catégorie 1 atteignait 13,8 %, contre seulement 9 % requis, et le ratio global s’établissait à 16,4 %. Sur une base consolidée, ces ratios restent élevés à 12,3 % et 14,3 % respectivement, soulignant la capacité du secteur à absorber les chocs financiers.
Les tests de résistance macroéconomiques menés par la banque centrale confirment également cette résilience structurelle, avec un niveau de liquidité supérieur aux seuils réglementaires et une capacité à soutenir le financement de l’économie malgré des pressions externes.
Un moteur pour le financement et la croissance
La solidité du secteur va de pair avec une dynamique de crédit plus soutenue. Les projections indiquent une accélération du crédit bancaire au secteur non financier à 4,1 % en 2025, avec une moyenne de 5 % sur les prochaines années, reflétant une demande accrue de financement des entreprises et des ménages.
Ce contexte favorable s’inscrit dans une économie marocaine qui cherche à consolider sa reprise post-pandémique et à diversifier ses leviers de croissance. La stimulation du crédit, la baisse des taux directeurs et les efforts vers un cadre prudentiel plus robuste sont autant de facteurs qui participent à cette dynamique.
Des défis persistants malgré des fondations solides
Malgré ces résultats, certains indicateurs appellent à la vigilance. Le taux de créances en souffrance, bien que géré par un taux de provisionnement amélioré (69 %), reste relativement élevé à 8,7 % à fin septembre 2025, ce qui témoigne de tensions persistantes dans certains segments du marché.
Cependant, la capacité des banques à maintenir de fortes marges de solvabilité et à traverser des périodes de stress économique confère au système financier marocain une position robuste comparée à d’autres marchés émergents régionaux.
Un atout pour le positionnement financier du Maroc en Afrique
Cette stabilité accrue du secteur bancaire s’ajoute à d’autres indicateurs encourageants pour l’économie marocaine : le pays figure parmi les marchés financiers les plus développés d’Afrique, avec une profondeur de marché significative et une gouvernance reconnue, selon les derniers classements des indices financiers continentaux.
En consolidant ses fondamentaux, le secteur bancaire marocain joue non seulement un rôle crucial dans la stabilité macroéconomique nationale, mais se positionne aussi comme un acteur financier attractif pour les capitaux internationaux, renforçant ainsi le rôle du Maroc comme plateforme financière stratégique en Afrique.
